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Zad du bois de Tronçais

20 Fév
J’adhère à l’idée de ne pas laisser détruire, pour des intérêts financiers, un bien qui devrait être commun, en prétextant une hypothétique manne d’emplois et en cachant tous ceux que détruirait la mise en œuvre du projet Sardy. Je souscris également à l’interpellation des élus pour qu’ils viennent sur la ZAD afin d’entendre ce qu’ils auraient déjà dû, pour partie lire dans le projet d’Erscia, et ainsi, auraient mieux apprécié les inconséquences des prétentions des financiers luxembourgeois. Cela démontre notre volonté de mieux faire et non de tout faire pour que rien ne se fasse sur notre territoire. Il n’est pas question de revendiquer le privilège d’une nature préservée pour quelques uns mais au contraire de se placer délibérément du point de vue de l’intérêt général. L’opposition à Erscia vise une activité ponctuelle et destructrice aux conséquences quasi définitives. S’il m’apparaît nécessaire de soutenir et de m’employer à propager la parole des « Zadistes », c’est que je suis convaincu que les citoyens que nous sommes doivent s’impliquer dans la définition de ce que nous voulons pour notre région et en particulier comment répondre au défi d’une transition de nos activités vers une meilleure prise en compte de notre environnement. Sans préjuger ni de la réponse des élus et encore moins de la suite, il semble qu’une autre approche des politiques économique, environnementale, sociale, est la discussion publique des propositions imaginées par les opposants à Erscia. Il s’impose à tous de démontrer qu’autre chose est possible maintenant. Matière première, énergie, emploi, cadre de vie, santé autant de questions qui se posent sur un même lieu en même temps. Les réponses ne peuvent être réfléchies en segmentant chaque domaine, comme on fractionne un bilan d’entreprise. De la même manière il ne peut être question de soutenir quelque projet qui soit sans qu’il ait été construit de manière démocratique et pas dans les coulisses des spécialistes. La maturité ce n’est pas de soutenir ou pas mais de dire ce que nous croyons possible aujourd’hui.
Pourquoi nous défendons le Bois du Tronçay!
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Le projet Erscia : une aberration économique
1) Parce que le département de la Nièvre ne doit pas être le seul département en France qui accepterait l’installation d’un projet industriel gigantesque sans prendre en compte ses répercussions environnementales, il est irresponsable de choisir d’implanter un gigantesque site entraînant une augmentation considérable du trafic routier, de la pollution et la dégradation d’une région jusqu’à aujourd’hui préservée des ravages de l’industrie. L’implantation d’Erscia, prévue pour traiter près de 3000 mètres cubes par jour entraînerait la coupe de 5 hectares, soit l’équivalent de 7 terrains de football toutes les 24 heures, 2100 terrains par an.
Quel est l’intérêt d’accroitre la pression sur la filière bois alors que la ressource (1,2 million de M3/an) sera déjà largement inférieure à la capacité de sciage (1,7 million de M3/an) au moment du pic de production en 2020? Les scieries du département sont déjà en difficulté faute de débouchés (comme toute la profession), elles le seront aussi sur leur capacité d’approvisionnement. Créer 120 emplois sur le pays corbigeois pour en perdre 300 sur le reste du département est sans intérêt.
En choisissant Erscia plutôt qu’une économie locale, solidaire et respectueuse de l’environnement, Christian Paul favorise des actionnaires belges ou luxembourgeois, plutôt que les Nivernais. La finance, responsable de la crise que nous vivons, plutôt que l’intérêt général, l’exploitation outrancière et à court-terme, plutôt que le développement durable du département.

De plus, le choix du lieu d’implantation de l’incinérateur Erscia ne répond en rien au problème de la désindustrialisation de la Nièvre car le bois de Tronçay n’est pas un site industriel (au contraire de Varennes Vauzelles ou Décize). En effet, le site choisi est totalement inadapté à un projet d’une telle ampleur, comme le démontre la faiblesse des infrastructures (électriques, routières, hydrauliques, …. Comment le département compte-t-il faire face au flux d’au moins 170 camions par jour ?

Nous demeurons aux abords du Bois de Sardy
2) Parce que notre présence sur le pré de la justice est tout à fait légale et se fait en accord avec les propriétaires des lieux. Par ailleurs, que monsieur le député Christian Paul parle de légalité suite à ses récentes actions relève certainement de l’ironie. En effet, le 4 février dernier l’intervention des bûcherons dans le bois de Sardy sous protection policière était à notre sens illégale et a trahi la parole donnée par l’ancien préfet de la Nièvre Monsieur Matalon (il s’était engagé à attendre le jugement sur le fond si l’arrêté du 10 juillet 2012 était suspendu…).
La Nièvre doit rester un exemple en matière de protection environnementale
3) Nous adhérons aux efforts effectués depuis de nombreuses années au sein du parc naturel régional du Morvan comme dans l’ensemble de la Nièvre. C’est à ce titre que nous souhaitons que le projet Erscia ne voit pas le jour afin d’éviter un désastre écologique irrémédiable.
Nous doutons nous aussi de « l’honnêteté intellectuelle » de nos opposants
4) Constatant leur manque de vigilance sur les répercussions environnementales de ce projet, nous mettons à leur disposition l’ensemble des éléments qui semblent leur manquer pour émettre un jugement fondé.
Alors qui va payer ?
5) Nous n’avons jamais affirmé qu’Erscia est soutenue à hauteur de 75% par des fonds publics. M.Paul parle dans le Journal du Centre du 12/11/12 d’une subvention de 50% de 10 millions et de 13% de 148 millions soit 15% du total. C’est ce chiffre qu’Adret Morvan a avancé dans son numéro 1 de L’écho des adrets. Ce même numéro annonçait une démarche de demande de subvention européenne au titre des grands projets européens très importants (vraisemblablement 75% du montant total), démarche qui n’aurait pas aboutie.
Pour être objectif, il faudrait rajouter les primes à l’emploi, les dégrèvements fiscaux sur plusieurs années mais aussi le rachat de 12MW d’électricité 3 fois le prix du marché et les travaux routiers qui seront conséquents comme la réparation des routes et le contournement de Corbigny qui deviendra vite indispensable.
De quelle démocratie parle-t-on?
6) Enfin, affirmer : « que la démocratie n’est pas une guérilla c’est un dialogue » est en total accord avec notre état d’esprit. Nous invitons donc les élus de la Nièvre à mener un réel débat lors de réunions publiques équilibrées, ce que les élus refusent depuis 6 mois. Nous serons ravis d’accueillir monsieur le député Christian Paul et les élus du département sur le pré de la justice pour discuter avec nous.

Les occupants de la ZAD du bois du Troncay

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Publié par le 20 février 2013 dans journal

 

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