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Trois contes de tradition Orale

11 Juin

Le Petit Chaperon rouge
Trois contes de tradition Orale

Voici le premier :

Conte de la mère-grand (1870)

Le Conte de la mère-grand est une variante du Petit Chaperon rouge recueillie par le folkloriste Achille Millien (1838-1927) dans le Nivervais autour des années 1870 et publié par Paul Delarue (1886-1956) dans Le Conte populaire français (Maisonneuve et Larose, 1957-1985). Comme d’autres versions de la tradition orale, il présente le motif du chemin des Épingles et des Aiguilles ainsi que celui du repas cannibale, tous deux absents chez Perrault comme chez les Grimm. Yvonne Verdier les analyse dans Grands-mères, si vous saviez… En outre, l’épisode du déshabillage qui précède le coucher du Chaperon est ici fort développé.

Cette version nivernaise présente enfin un dénouement heureux, bien différent de celui des Grimm…

C’était une femme qui avait fait du pain. Elle dit à sa fille :
– Tu vas porter une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ta grand.

Voilà la petite fille partie. À la croisée de deux chemins, elle rencontra le bzou qui lui dit :
– Où vas-tu ?
– Je porte une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ma grand.
– Quel chemin prends-tu ? dit le bzou, celui des aiguilles ou celui des épingles ?
– Celui des aiguilles, dit la petite fille.
– Eh bien ! moi, je prends celui des épingles.
La petite fille s’amusa à ramasser des aiguilles.
Et le bzou arriva chez la Mère grand, la tua, mit de sa viande dans l’arche et une bouteille de sang sur la bassie.
La petite fille arriva, frappa à la porte.
– Pousse la porte, dit le bzou. Elle est barrée avec une paille mouillée.
– Bonjour, ma grand, je vous apporte une époigne toute chaude et une bouteille de lait.
– Mets-les dans l’arche, mon enfant. Prends de la viande qui est dedans et une bouteille de vin qui est sur la bassie.
Suivant qu’elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :
– Pue !… Salope !… qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand.
– Déshabille-toi, mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi.
– Où faut-il mettre mon tablier ?
– Jette-le au feu, mon enfant, tu n’en as plus besoin.
Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre. Et le loup répondait : « Jette-les au feu, mon enfant, tu n’en as plus besoin. »
Quand elle fut couchée, la petite fille dit :
– Oh, ma grand, que vous êtes poilouse !
– C’est pour mieux me réchauffer, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands ongles que vous avez !
– C’est pour mieux me gratter, mon enfant !
– Oh! ma grand, ces grandes épaules que vous avez !
– C’est pour mieux porter mon fagot de bois, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grandes oreilles que vous avez !
– C’est pour mieux entendre, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands trous de nez que vous avez !
– C’est pour mieux priser mon tabac, mon enfant !
– Oh! ma grand, cette grande bouche que vous avez !
– C’est pour mieux te manger, mon enfant !
– Oh! ma grand, que j’ai faim d’aller dehors !
– Fais au lit mon enfant !
– Au non, ma grand, je veux aller dehors.
– Bon, mais pas pour longtemps.
Le bzou lui attacha un fil de laine au pied et la laissa aller.
Quand la petite fut dehors, elle fixa le bout du fil à un prunier de la cour. Le bzou s’impatientait et disait : « Tu fais donc des cordes ? Tu fais donc des cordes ? »
Quand il se rendit compte que personne ne lui répondait, il se jeta à bas du lit et vit que la petite était sauvée. Il la poursuivit, mais il arriva à sa maison juste au moment où elle entrait.


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1 commentaire

Publié par le 11 juin 2012 dans journal

 

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Une réponse à “Trois contes de tradition Orale

  1. rechab

    26 juin 2012 at 21:48

    un petit chaperon d’écriture


    Aux lectures poétiques, si ce n’est pas un leurre
    Ce plaisir ,il ne faut pas le renier
    Plutôt que le garder dans ton panier
    Un p’tit recueil, une plaquette de beurre

    Et une galette de poèmes
    Tout ce qu’il fait pour tenir le coup
    Sans limites – je dirai « beaucoup »
    Allez  » Tu peux te r’servir en crème »

    Et même y mettre les doigts
    Puisqu’on parlait de beurre
    On va pas renier son bonheur
    Ici ce sont les mots qui font foi

    On s’en échange et on lit ( c’est la loi)
    Une soupe de lettres , c’est le partage
    De fin potage, personne n’en est otage
    Aux faim – becs, sans prise de poids…

    C’est le mot de la fin, déguster la lecture
    En fin gourmet, en petites doses
    Que celà croise rimes ou prose
    Mère-grand peut se mettre à l’écriture

     » – Que tu as de beaux yeux, mon enfant ! »
    ‘ – C’est pour mieux dévorer ce que tu écris »
     » – Que c’est beau ce que tu dis, quand tu cries! »
     » – C’est pour faire danser tes oreilles, mère-grand »

     » – Et quel appétit, avec cette petite bouche rose ! »
     » – C’est pour partager ma pensée, en prose
     » – Que tu as de beaux doigts, mon enfant! »
     » – C’est grand-mère, pour faire plus élégant »

    C’est ainsi que chaperon rouge , en fil d’échanges
    Le casse croûte, au bénéfice de l’art poétique
    Avec Mère grand au demeurant fort sympathique
    Se mettent à la table des lettres, et mangent…

    On dirait même qu’elles dévorent
    Tout le panier, et les paroles d’or.

    29 mai 2012

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